Biographie

Adriano Directo Emperado (né le 15 juin 1926 à Honolulu, Hawaii et décédé le 4 avril 2009) était un maître d’arts martiaux américain d’origine philippine et hawaïenne. Il est principalement connu comme le fondateur principal du Kajukenbo, un art martial mixte développé à Hawaii après la Seconde Guerre mondiale.

Création du Kajukenbo

En 1947, Emperado s’est associé avec quatre autres experts en arts martiaux pour créer le Kajukenbo au « Palama Settlement » à Honolulu. Ce groupe, connu sous le nom de « Black Belt Society » ou les « Cinq Originaux », comprenait :

  • Peter Young Yil Choo (Karaté coréen et boxe)
  • Joseph Holck (Judo)
  • Frank Ordoñez (Ju-jitsu)
  • George « Clarence » Chang (Kung Fu chinois)
  • Adriano Emperado (Kenpo et Eskrima)

Le nom « Kajukenbo » est un acronyme formé à partir des arts martiaux qui le composent :

  • KA : Karaté
  • JU : Judo et Ju-jitsu
  • KEN : Kenpo
  • BO : Boxe (occidentale) et Kung Fu chinois

La Black Belt Society

La « Black Belt Society » était initialement le nom donné au groupe des cinq fondateurs du Kajukenbo. Cette société était un cercle restreint d’instructeurs de haut niveau qui ont travaillé ensemble pour développer et affiner cet art martial. Emperado était le leader de ce groupe et a continué à développer le système après que certains des membres originaux se soient retirés.

Jeunesse et formation

Adriano Emperado a grandi dans un quartier difficile de Honolulu appelé Kalihi. Son père, qui pratiquait l’Eskrima (art martial philippin), lui a enseigné les bases de cet art dès l’âge de 8 ans. Dans son quartier, les combats de rue étaient fréquents, ce qui l’a poussé à développer des compétences efficaces en autodéfense.

À l’adolescence, il a commencé à étudier le Kenpo (Kosho-Ryu) avec William Chow et James Mitose. Il a également appris le Judo, le Ju-jitsu et plusieurs styles de Kung Fu chinois auprès de différents maîtres locaux.

Service militaire et carrière

Emperado a servi dans la Garde côtière américaine pendant la Seconde Guerre mondiale. Après son service militaire, il a travaillé comme garde de sécurité à Honolulu, ce qui lui a permis de mettre en pratique et d’affiner ses techniques d’autodéfense dans des situations réelles.

Développement du Kajukenbo

Le développement initial du Kajukenbo a duré environ trois ans (1947-1950) avec des séances d’entraînement intensives où les cinq fondateurs testaient rigoureusement leurs techniques. Ces sessions étaient connues pour être extrêmement brutales, avec des blessures fréquentes.

Le premier dojo public de Kajukenbo a ouvert ses portes en 1950 à Palama Settlement. Les étudiants s’entraînaient souvent sans équipement de protection, ce qui a valu au style le surnom de « l’art le plus dur à apprendre et le plus dur à oublier ».

La confrérie du Kajukenbo

Au-delà de la Black Belt Society initiale, Emperado a créé une structure organisationnelle appelée « Kajukenbo Association of America » puis plus tard l' »International Kajukenbo Self Defense Institute » (IKSDI). Cette organisation maintient l’intégrité et les standards du système.

Méthode et philosophie

Emperado a développé le Kajukenbo comme un système de défense personnelle très efficace, adapté aux combats de rue réels. Sa philosophie était : « L’art doit s’adapter à l’homme, et non l’homme à l’art. » Le Kajukenbo est connu pour être une méthode pratique et brutalement efficace, développée dans les quartiers difficiles d’Hawaii.

Emperado insistait sur plusieurs principes fondamentaux :

  • « Adaptation et innovation constantes » – Le système devait évoluer en fonction des situations et des adversaires
  • « Contrôle de soi avant de contrôler les autres »
  • « Un art martial est avant tout un outil de paix »
  • « Frappe le premier, frappe fort, et frappe souvent »

Il a développé un système de ceintures et un curriculum structuré comprenant 14 pinans (katas) et de nombreuses techniques de défense contre des attaques spécifiques.

Héritage et influence

Avant sa mort en 2009, il avait déjà désigné plusieurs successeurs pour préserver son art. Aujourd’hui, le Kajukenbo est pratiqué dans plus de 26 pays à travers le monde et continue d’influencer le développement des arts martiaux mixtes modernes.

En plus d’être intronisé dans plusieurs halls of fame, Emperado a reçu le titre de « Sijo » (fondateur) et « Grand Master », la plus haute reconnaissance dans le monde des arts martiaux. Le livre « Kajukenbo: The Original Mixed Martial Art » lui est consacré.

Évolution du Kajukenbo

Après sa création initiale, le Kajukenbo a évolué en plusieurs branches ou « méthodes », notamment :

  • La méthode originale (Original Method)
  • Tum Pai
  • Chu’an Fa
  • Wun Hop Kuen Do
  • Gaylord Method

Emperado supervisait personnellement l’évolution de ces différentes branches tout en maintenant les principes fondamentaux du système.

Le Kajukenbo continue d’être enseigné dans le monde entier et l’héritage de Sijo Emperado perdure à travers ses nombreux élèves et l’organisation qu’il a fondée.